Philosophie éducative

Je vous partage ici la lecture d’un article trouver sur le blog éducation Joyeuse car je trouve que cette réflexion sur la philosophie de l’éducation s’applique particulièrement à nos enfants différents ayant des limitations d’apprentissages académiques… et je dis bien académique! Car la plupart des enfants teds ont une capacitée et leur façon bien particulière d’apprendre de la vie et même d’apprendre à survivre dans notre monde. Leur donner la chance d’apprendre à leur rythme, dans un environnement de soin N’EST ABSOLUEMENT PAS LES SURPROTÉGER DU MONDE EXTÉRIEUR. C’est leur donner la chance de connaître leur corps, de comprendre leur environnement dans un lieu qui est stable et sécurisant pour lui. Notre société moderne veut que l’enfant vivent le plus tôt possible des expériences adultes dans le but d’être autonome le plus rapidement possible… mais qui a malheureusement l’effet contraire chez plusieurs enfants. Un enfant qui est respecter dans son rythme de développement, ses anxiétés et ses peurs, va de part sa nature humaine être poussé à explorer et a avancer dans la vie et ce lentement mais sûrement. Il ne faut jamais perdre fois en la vie… bonne lecture et voici le livre (sur amazone ici)

La philosophie de l’éducation

par Olivier Reboul

Soin et éducation

Au XIXe siècle les références concernant l’éducation de la petite enfance ont pris deux orientations différentes. L’une donne comme modèle la mère éducatrice. Dans l’autre référence,  l’éducatrice très respectueuse de la dynamique de l’enfant, intervient le moins possible. Deux femmes pédagogues sont représentatives de ces courants :
D’une part, Pauline Kergomard (inspectrice des écoles maternelles, 1838-1925) auteur de « L’éducation maternelle à l’école » présente comme référence « la mère intelligente et dévouée » ;  elle représente plutôt la dimension « soin ». D’autre part, Maria Montessori (pédagogue italienne, 1870-1952) auteur de « La pédagogie scientifique » va peu à peu imposer ses idées basées sur le fait que l’enfant possède les qualités nécessaires pour grandir par lui-même. Nous la considérons comme représentant le concept d’éducation fruit d’une méthode.  Notre propos est de nous servir de l’analyse de ces deux orientations pour dévoiler combien les soins  sont indispensables à la qualité de l’éducation même.
Extraits
Dans son ouvrage sur la philosophie de l’éducation, Olivier Reboul nous dévoile que, contrairement à ce que l’on croit, l’étymologie du terme : éducation vient de éducare, c’est à dire élever les animaux ou les plantes et par extension avoir soin des enfants. Alors qu’on aurait prétendu, toujours d’après lui, qu’éduquer vient de educere : faire sortir, mettre dehors. Nous voici, avec la première interprétation, devant un lien évident entre éducation et avoir soin, prendre soin de. Par contre la seconde compréhension du terme, faire sortir, nous confronte à une dynamique bien différente. Elle évoque une séparation nécessaire pour grandir et « sortir » d’un stade où l’on est pour accéder à un autre. D’où viendrait cette déviation du terme, ou plutôt cette autre orientation? On peut constater que peu d’articles sur l’éducation actuellement, parlent de soin. Il y est plus souvent question de développement, d’apprentissage ou de didactique.
Les soins, le soin et la création d’un environnement de qualité
Prendre le corps de l’enfant en considération est essentiel ! Le toucher, le masser, le contenir, le laver, lui donner des soins qui provoqueront un bien-être immédiat, sont des moments de relation intense qui s’intègrent dans son histoire, qui s’impriment dans son psychisme. Ces gestes liés à une relation positive, joyeuse, attentive de la part de l’adulte qui lui parle à ce moment là, l’aident à se construire, à prendre conscience de son corps et à le connaître. L’hygiène de vie individuelle et collective met l’enfant dans un contexte protégé dont il a besoin, mais aussi l’imprègne de bonnes habitudes qu’il va acquérir peu à peu.
Ces gestes qui s’adressent non seulement aux petits mais aussi aux écoliers, aux adolescents, dans d’autres formes, font-ils partie de l’éducation? Oui dans la mesure où ils signifient à l’enfant que l’on veut qu’il vive et qu’il vive bien. C’est son corps.
Peu à peu il va le connaître, apprendre à s’en servir, à en être le maître, un jour il saura le vêtir, le soigner, le respecter et aussi par conséquent le faire respecter ! Le soin corporel à une place particulière, commençons par cela, on abordera l’éducation à proprement parler après.
Quant à la justification du milieu de qualité, de « l’ambiance » pour reprendre le terme de Maria Montessori, il est vrai que cela peut être interprété comme un lieu protégé et irréaliste, un peu comme un laboratoire. « La vie n’est pas comme cela » peut-on entendre. Alors que font les adultes? Ne sont-ils pas là pour penser à l’enfant, pour lui faire un rythme de vie où il a sa place?
Au moins que l’adulte soit là pour lui présenter ce monde, pour l’aider à le comprendre. Il mettra l’enfant dans des circonstances où celui-ci pourra voir que c’est possible de se faire de bons souvenirs qui lui donneront des fondations positives et que dans les actes simples de la vie, il y a autre chose que le quotidien ennuyeux.
Le soin dans le regard
Ce qui est important dans la façon dont ces deux éducatrices parlent de l’enfant, c’est qu’elles savent le voir. C’est cet enfant là, unique et aussi l’Enfant, qui fait partie de l’humanité, de cette parenté dont parle Max Scheler. Elles le regardent avec soin, avec attention, il est là dans son environnement, son histoire, son futur. Ce n’est pas le regard inquisiteur de celui qui a un objectif à atteindre et qui cherche dans l’enfant ce dont il pourra se servir pour aboutir à ses fins pédagogiques, ou le regard de celui qui cherche à faire coïncider l’attitude de l’enfant avec une grille de développement!
Elles le saisissent, avec sa vulnérabilité et son dynamisme propre. Il y a une création lorsqu’elles décrivent un enfant, elles en acceptent l’inattendu, ce qui n’est pas prévu. Ce n’est pas non plus de la condescendance: elles croient toutes les deux à une vie intérieure de l’enfant, une vie spirituelle, une dignité qui entraîne le respect.
Peut-on parler de soin sans respect?
Elles sont sensibles aux détails, ceux par lesquels un enfant s’exprime, ceux que l’on ne peut voir sans imagination, sans cette démarche de compréhension qui permet de voir l’autre dans son intégrité, dans un tout unique.
Ce regard relève du soin parce qu’il relève de prendre soin à bien voir l’autre. Le regard précède l’éducation, l’empêchant d’être mécanique ou destructrice. C’est tout un art grâce à la création et l’engagement spirituel qu’il implique. Percevoir une situation éducative dans toute sa complexité, décrypter les interactions qui s’y déroulent, comprendre le comportement d’un enfant, prendre la décision adéquate sont autant de compétences qui sont le fruit de ce regard. Savoir voir, savoir reconnaître, avant l’interprétation consiste en un apprentissage toujours renouvelé, celui de la réflexion. Les réajustements sont les dynamiques, qui viennent après la mise en place de l’acte éducatif.
Mais avant tout contemplons l’enfant.

 

A propos école des sens

maman de 4 enfants.
Cet article a été publié dans Au fil du quotidien..., Ma philosophie et mes pensées positives. Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Un commentaire pour Philosophie éducative

  1. Aurore dit :

    Je partage avec joie mes découvertes😉
    Voici la référence complète de l’article:
    Bernadette Moussy, Entre Pauline Kergomard et Maria Montessori, Le Portique [En ligne], 4-2007 | Soin et éducation (II), mis en ligne le 14 juin 2007, Consulté le 31 décembre 2012. URL : http://leportique.revues.org/index891.html

    Bonne continuation et une très belle année!

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